Préparation de plaques au gélatino-bromure d'argent.

3ème Partie.

ATTENTION : Toute manipulation de produits chimiques requière les précautions d'usage. Elle se font sous l'entière responsabilité du lecteur de ces articles et Fred Marie Photography ne pourra en aucun cas être tenu responsable des résultats ou accidents possibles survenus lors de ces manipulations.

(Extrait de "La pratique en photographie" de Frédéric Dillaye (1900) ).

Quoi qu'il en soit, immédiatement ou ultérieurement, l'émulsion doit toujours être mise sur un support translucide sinon transparent. On comprend que pour alléger le bagage photographique et diminuer les accidents on ait cherché un support léger et incassable.

Malheureusement, en dépit des tentatives nombreuses de ces derniers temps, on en reste toujours à l'ancien support du collodion qui est le verre.

Toutefois, si le support pelliculaire n'est pas encore au point, il progresse et sera certainement la plaque de l'avenir. Nous avons déjà, comme

rapprochant le plus de cette plaque future, la pellicule auto-tendue Planchon recouverte de l'émulsion Lumière. Le cadre métallique qui la tend permet de la manipuler comme une plaque de verre.

 

Ce qui fait que la pellicule n'a pas encore atteint à la place qu'elle occupera, demain peut-être, c'est que, d'une part, elle n'est pas aussi transparente que le verre et que, d'autre part, elle contient trop souvent des matières qui, produisant avec l'émulsion des phénomènes d'ordre électrique, rendent sa conservation impossible au delà de quelques semaines.
Revenons donc à notre verre.

D'après Burger, l'émulsion étendue sur un verre dépoli, le coté mat ou dos, donne plus de netteté, plus de modelé et écarte les inconvénients de la réflexion qui peuvent produire sur l'épreuve négative une sorte de halo. Malgré cette remarque l'usage du verre simple a prévalu. Les chances du halo restent, mais la netteté et la douceur, peuvent être obtenues au tirage des épreuves par l'interposition d'une glace dépolie, comme nous le verrons au traitement de l'obtention des photocopies positives.

Le verre un fois choisi, bien plan et sans défauts, on le nettoie dans un bain d'eau acidulée, puis on le rince, on l'essuie, on frotte le coté destiné à recevoir l'émulsion avec un tampon de toile imbibé d'une solution à 2 pour 100 de silicate de postasse.

Le gélatino-bromure d'argent, refondu au bain-marie sous une température de 45° à 50° centigrades, est versé sur ce verre, légèrement chauffé en hiver, et l'émulsion s'y étend avec la facilité et l'uniformité de l'huile. On la laisse écouler un peu, sans trop incliner le verre cependant, pour que la couche garde une épaisseur suffisante, et telle qu'on ne puisse voir à travers la flamme de la lanterne. On pose ensuite ce verre sur une planchette bien horizontale. Au bout de deux à cinq minutes, l'émulsion est complètement coagulée. On la fait sécher alors, soit à l'air libre, soit dans de petites armoires spéciales, soit avec de l'alcool, mais toujours dans l'obscurité complète.

(A SUIVRE ...)